10 ans du CREA DIGITAL DAY – 1/2

LE FUTUR C’EST MAINTENANT !

Cela paraît à peine croyable mais voilà 10 ans déjà que le CREA DIGITAL DAY a vu le jour, à une période où le mot digital était réservé à un public de geeks un peu dans leur monde, à l’avant-garde d’un trend qui accélère désormais la course du temps. 10 ans après, le digital est omniprésent, l’intelligence artificielle est reine et le futur n’est plus à venir, mais immédiat. Mash-up des changements de paradigme qui nous attendent avec une première sélection d’intervenants.

Pour ce dixième anniversaire, René Engelmann, directeur de l’école CRÉA et responsable du développement du groupe INSEEC U. en Suisse n’a pas manqué de rappeler l’un des objectifs principaux de l’événement : rassembler tous les acteurs du marché des nouvelles technologies, qu’il s’agisse des étudiants, influenceurs, décideurs et de tous les passionnés du domaine numérique – un pari amplement réussi au vu du succès de cette édition qui a réuni plus de 1500 participants, dont de nombreux journalistes. Afin de célébrer dignement cet événement, des personnalités prestigieuses ont été invitées, dont le célèbre économiste Jeremy Rifkin ainsi que le conférencier Simon Sinek, qui, dix ans auparavant, faisait déjà partie de la première édition du CDD !

 

Le pire, dans le pire, c’est l’attente du pire

Le premier invité du jour, Oliver Sandoz, directeur général adjoint de la Fédération des entreprises romandes (FER), s’intéresse aux innovations fulgurantes auxquelles nous assistons cette dernière décennie dans le domaine numérique et à leur influence qui suscite autant de passions que d’incertitudes. Un phénomène parfaitement illustré par le nombre croissant d’études consacrées au sujet, et plus particulièrement à l’intelligence artificielle, source de crainte massive sur le marché de l’emploi et de l’organisation du travail. Si certains se réjouissent de ces innovations – promesse d’un avenir radieux –, d’autres se montrent plus pessimistes quant à leurs conséquences, qui pourraient éventuellement conduire à la disparition du travail et du salariat – avec toutes les répercussions désastreuses qu’un tel bouleversement engendrerait sur la fiscalité et le financement des assurances sociales. Olivier Sandoz tient tout de même à rassurer son auditoire en ce qui concerne la Suisse. Pour l’heure, celle-ci connaît un taux de chômage très bas : 2,6 % pour l’année 2018 et le nombre de CDI continue d’augmenter… So far so good donc mais un processus qui pourrait toutefois s’inverser dans les années à venir.

 

La blockchain, rien moins qu’une révolution copernicienne

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Chief executive officer au sein WeCan. Fund et directeur des cycles certifiants Blockchain et ICO à CREA, Vincent Pignon consacre sa conférence sur les enjeux liés à la Blockchain, plus particulièrement dans le domaine financier. L’accessibilité, la sécurité et la scalabilité sont les grands atouts d’une stratégie blockchain. Jusqu’à présent, pour l’achat d’actifs digitaux, il fallait passer par des « exchanges », parfois non sécurisés et non régulés, d’où des problèmes de piratage. Mais depuis le début de l’année, des acteurs institutionnels, dont la Bourse suisse, ont annoncé l’introduction de mesures permettant d’accélérer l’accès à la Blockchain dans le monde de la finance. Parmi elle, la « tokenisation » de certaines entreprises et la distribution de « natives coins ». Sans oublier l’ajout de jetons d’investissement, basés sur des actifs traditionnels comme l’or et l’immobilier.

Tous les secteurs de production vont être impactés par la Blockchain.

Jusqu’à présent, la façon la plus sécurisée de stocker des actifs digitaux se faisait grâce aux « ledgers ». Mais aujourd’hui, certaines banques telles que Swissquote, proposent d’acheter directement, via e-banking, des jetons numériques, les fameux tokens. De même, dans un avenir proche, des entreprises nous permettront d’accéder à la Blockchain et d’effectuer des transactions au moyen des technologies avancées comme les satellites. Ce système sera bien plus efficace que les « fermes de minages » traditionnelles – quelque peu archaïques et énergivores – utilisées pour enregistrer actuellement les chaînes de transaction dans la Blockchain. Tous les secteurs de production vont être impactés par la Blockchain. Le recours à cette technologie permettra, entre autres, de retracer l’historique des propriétaires de n’importe quel objet de valeur. Il sera également possible, grâce aux smart contracts de transférer la propriété d’un bien en quelques clics !

 

La déferlante du shopping online menace le commerce brick and mortar 

Membre du conseil d’administration chez Leroy Merlin, Lara Pagnier évoque l’évolution de la grande distribution face à l’apparition des géants du Web. Elle n’hésite pas à frapper les esprits en dressant un tableau assez inquiétant de cette grande distribution qui, selon ses mots, se trouve dans un état « apocalyptique », tant les fermetures se multiplient depuis ces dernières années. En effet, le commerce de détail et en particulier le secteur du retail se retrouve en grande partie dominé par l’e-commerce, à commencer par le mastodonte Amazon et son équivalent chinois Alibaba. Ceux-ci ont introduit de nouveaux standards en termes de livraison et de choix de produits, des facteurs-clés de leur succès. Si certaines enseignes traditionnelles – telles que Zara, Ikea ou encore Walmart – ont réussi à s’adapter à cette évolution, d’autres n’ont pas survécu à la déferlante, notamment Toys ‘R’ Us, qui a fait faillite en septembre 2017 –  laissant derrière lui une dette de 5 milliards de dollars !

L’avènement du commerce online a permis toutefois de faciliter le lancement de produits novateurs. Lara Pagnier prend l’exemple d’Instagram, désormais incontournable pour une multitude de micromarques qui ont recours avec succès aux « influencers » pour leurs campagnes de promotion. La popularisation de l’expression : « Customer acquisition cost is the new rent » reflète parfaitement l’engouement général pour le commerce de détail online. Malgré son succès indiscutable, un nombre grandissant de consommateurs et d’associations s’inquiètent des répercussions environnementales de ce système de vente qui ne connaît aucune frontière physique. S’il est certes pratique de pouvoir commander, au gré de ses envies, des produits provenant de toutes parts du globe, l’ampleur massive des transactions a des conséquences écologiques certaines.

On assiste d’ailleurs depuis peu à une prise de conscience collective et les initiatives « écoresponsables » sont fort heureusement de plus en plus nombreuses, comme en témoignent les progrès de la législation et le positionnement de certaines grandes firmes.

IKEA, par exemple, s’est hissé en tête de liste des entreprises à vocation écologique et s’est engagé à fonctionner, dès 2030, selon un mode de production circulaire. Dès lors, il sera possible de revendre ses anciens meubles IKEA aux succursales de la firme. Autre exemple significatif, l’émergence de nouveaux modèles de consommation de biens d’occasion, grâce à des plateformes de seconde main (Selency), ReCommerce (Patagonia avec WornWear), ou encore de Rent VS Own qui constituent très certainement les alternatives de demain dans le commerce de détail.

 

La troisième révolution industrielle est en marche

Véritable plat de résistance du Crea Digital Day, la conférence du célèbre essayiste américain, Jeremy Rifkin, économiste de renom et spécialiste en prospective était consacrée à la crise du capitalisme et à l’avènement d’une nouvelle révolution industrielle.

Selon Jeremy Rifkin, l’humanité, et en particulier les sociétés capitalistes, seront confrontées à deux crises majeures dans un futur proche.

D’une part l’essoufflement de la croissance économique, conséquence de l’inadéquation entre les structures de production actuelles – en grande partie héritées de la deuxième révolution industrielle – et des nouvelles technologies. D’autre part, une crise environnementale sans précédent, résultat d’un système économique reposant sur la consommation excessive d’énergies fossiles, polluantes et non renouvelables.

Loin de se laisser emporter par le pessimisme, Rikfin défend le concept de « troisième révolution industrielle », seule solution à ses yeux pour répondre aux défis du réchauffement climatique et du ralentissement de la croissance. Issue des innovations technologiques produites dans les domaines numérique et digital, cette révolution doit conduire à une remise en cause profonde de l’organisation des sociétés humaines. Rejetant les structures économiques centralisées et verticales contemporaines qu’il estime obsolètes, le chercheur appelle les États à favoriser l’émergence d’un système décentralisé, régi selon un modèle de gouvernance associatif et reposant sur l’utilisation d’énergies renouvelables.

Cette troisième révolution industrielle s’articule autour de trois axes : la communication, l’énergie et mobilité.

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Si les progrès dans les domaines de la communication sont clairement visibles, grâce à l’essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication, cette révolution doit également inclure le passage à une économie « décarbonnée ». Pour ce faire, la production d’électricité ne doit plus être envisagée selon un modèle centralisé, mais distribué – l’énergie circulant dans un réseau dit « intelligent », comme l’information se diffuse sur internet.

Ce nouveau système de production, reposant sur « l’économie du partage », constitue une véritable alternative depuis l’apparition du capitalisme et du socialisme au 19e siècle. Cette nouvelle forme d’organisation économique aura bien évidemment des répercussions sur l’agencement des sociétés humaines. En effet, le système d’organisation que nous connaissons actuellement – hypercentralisé, vertical et basé sur la domination de quelques organismes politico-économiques – disparaîtra. A sa place sera érigée une sorte de « globalisation locale »  – en anglais « glocalization » – constituée par de petits centres urbains, interconnectés et agencés sur le modèle des coopératives. De même, les distinctions entre vendeurs et acheteurs s’effaceront progressivement et céderont la place à un statut de « prosumer », des individus à la fois producteurs et consommateurs.

 

Les nouveaux serial-entrepreneurs mettent l’humain en avant

Véritable visionnaire, toujours à la conquête de nouveaux marchés, Andreas Schollin-Borg figure le « Serial entrepreneur » dans toute sa splendeur. Cet homme d’affaires d’à peine 28 ans s’est illustré en créant de nombreuses et fructueuses entreprises, à commencer par Gotham, un espace de co-working situé à Lausanne.

Si les espaces de co-working se développent de plus en plus, la Suisse accuse d’un retard de cinq ans par rapport à plusieurs pays occidentaux.

Inauguré en 2018, cet espace, clin d’œil à la ville du héros Bruce Wayne, a pour vocation de mettre à disposition des places de travail, dans une ambiance décalée et décontractée. Fréquenté aussi bien par des start-uppers, des freelances, ou des grandes entreprises, le lieu répond aux besoins réels de la population active en entreprise. La convivialité constitue, en effet, un élément clé dans son succès. D’une moyenne d’âge de 30 ans, la clientèle de Gotham partage en commun le souhait de travailler dans un cadre agréable, à l’intérieur duquel il est possible de côtoyer et d’échanger avec des personnes issues d’horizons professionnels différents.

Autre succès : la société Batmaid. Constituée de 1200 employés pour un chiffre d’affaires annuel de 30 millions de francs suisses, Batmaid est active à la fois en Suisse et au Luxembourg. Cette plateforme en ligne, spécialisée dans le domaine des services de ménage à domicile, propose à ses clients un large choix d’aide-ménagères profesionnelles. Cherchant à revaloriser ce secteur d’activités, souvent déprécié, mais d’une utilité incontestable, tout est mis en œuvre pour garantir aux employés de bonnes conditions de travail. Parmi les lancements récents d’Andreas Schollin-Borg, citons également une entreprise de production de CBD (légal) que l’on pourrait être tenté de qualifier de « fumeuse », mais qui semble promise à un bel avenir, au vu des quantités déjà écoulées : près de deux tonnes par an !

 

La complémentarité homme-machine c’est maintenant !

Milie Tain, jeune entrepreneuse à l’origine de lili.ai qu’elle a cofondée en 2016, est une passionnée de datas. Lors de son parcours professionnel, elle réalise que les entreprises font face à un problème crucial : les données échangées en temps réel sont si importantes qu’elles en deviennent pratiquement illisibles. Autrement dit, la masse d’informations disponibles en continu est telle que les cerveaux humains ne sont pas capables de toutes les assimiler. L’enjeu consiste donc à rendre cette somme d’informations intelligible, raison pour laquelle elle encourage le recours à l’intelligence artificielle qui détecte les signaux faibles et optimise les tâches en temps réel.

Au lieu d’opposer intelligence artificielle et monde de l’entreprise, mieux vaut mettre en évidence la complémentarité, voire la symbiose entre l’homme et la machine.

Car si les êtres humains sont bien meilleurs en négociation ou en management, les machines excellent dans l’optimisation du temps et l’accomplissement des actions répétitives. Milie Taing n’utilise-t-elle pas elle-même le « machine learning » au sein de sa start-up, afin de détecter les sources de risque au cours d’un projet et prioriser ses tâches ?

 

Management by app, le nouvel eldorado ?

Pascal Briod, responsable produit et cofondateur de Monito nous présente son entreprise, à savoir un site internet permettant aux consommateurs de comparer les tarifs des différents services de transferts d’argent transfrontaliers. Il énumère pour nous les outils informatiques qu’il utilise pour monitorer son service à la clientèle. À commencer par Eyequant, grâce auquel il est possible de déterminer de façon très précise où se pose le regard des utilisateurs lors de l’ouverture d’une page sur le Net. Hotjar constitue aussi un outil fort utile pour identifier les mouvements de souris et les clics des utilisateurs. Userbrain, quant à lui, permet de filmer en temps réel les clients en train de consulter le site. Grâce à ces logiciels, l’entreprise peut alors s’adapter aux besoins de sa clientèle et lui apporter un service optimum, au plus près de leurs attentes.

Pascal Briod se sert également d’une multitude d’outils pour optimiser la communication interne et faciliter la prise de décisions tels les incontournables Gsuite (bureautique), Slack (communication interne), Clickup (management de projet). Zapier enfin, connecte des milliers d’outils entre eux pour automatiser les flux de travail. L’entrepreneur a aussi souvent recours à Calendly, un logiciel de planification fort efficace pour organiser les rendez-vous professionnels, ou à Breezy pour la gestion des ressources humaines – facilitant ainsi la diffusion des offres d’emplois et le management des candidats.

Ayant récemment bénéficié d’une levée de fonds de 2,5 millions de CHF, l’engouement pour Monito ne se dément pas et prouve que le modèle est performant.

 

Apprendre les maths via YouTube

Combien d’entre nous n’auraient-ils pas souhaité bénéficier d’un petit coup de pouce salutaire et sympathique lors de ses révisions en Mathématiques ? C’est désormais chose possible grâce à Filipi Cabalzar, créateur de Mathrix, une chaîne YouTube à vocation pédagogique destinée aux étudiants en filière scientifique. Titulaire d’un Bachelor en Mathématiques et d’un Master en Finances, Filippi Cabalzar a créé sa chaîne YouTube en février 2015. Désireux d’épargner à son auditoire les méthodes d’enseignement traditionnelles, fondées sur l’apprentissage par cœur et l’accumulation continue – voire forcée – des connaissances, le YouTubeur offre une alternative bienvenue, fondée sur l’utilisation de stratégies marketing et de communication moderne.

Notre scientifique virtuel traite, dans des vidéos claires, pédagogiques et synthétiques, tout un éventail de disciplines scientifiques : Physique, Mathématiques, Météorologie ou de Biologie. Non content de proposer du contenu vidéoludique, Filipi Cabalzar met également à disposition sur son site, des fiches de révisions, des épreuves en blanc, des techniques d’apprentissage ainsi que des milliers d’exercices.

 

A suivre

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