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Shepard Fairey, du mur vers ton wall

Parfois, je me dis que le monde se divise en deux catégories de gens. Ceux qui aiment Los Angeles et ceux qui la détestent.

Dans le monde du street art, la seconde catégorie est peut-être plus marginale. Shepard Fairey, street artist qui n’est plus seulement “street” , n’en fait sans doute pas partie. Installé dans la cité des anges, il s’est construit une identité sur les murs, mais aussi sur les plateformes digitales. Tout à coup, je me suis dit que ça tombait bien que je pense à tout ça, car je n’étais pas loin de Sunset boulevard.

Il s’en passe des choses sur Sunset Boulevard.

Lorsque l’on accélère en direction d’Echo Park, après avoir passé quelques spots incontournables que je garderai secrets, on tombe sur le numéro 1331. À cette adresse se trouve Subliminal Projects, une galerie fondée par Shepard Fairey, le street artist désormais mondialement connu.

Dans le même bâtiment se trouve son studio de création, le Studio Number One. L’expo Uncensored #GirlGaze touche à sa fin, et laissera place prochainement aux photos de Jim Marshall sur les mouvements pro paix des années 60. À travers cette galerie, Fairey offre une visibilité aux artistes que lui-même est allé chercher sur les murs, puis sur le web.

Du ring de Catch à l’Elysée

Issu de la scène du skateboard, Shepard Fairey s’est fait connaître à travers le personnage André the Giant, inspiré du catcheur français André Roussimof, et la campagne Obey Giant, qui est une parodie de propagande. Le slogan Obey est tiré du film Invasion Los Angeles, de John Carpenter, sorti en 1988. Dans ce contexte, il était une parodie de totalitarisme, une vision ironique de la liberté d’expression et du consumérisme. Le succès grandissant, Fairey dessine des fresques de plus en plus monumentales sur les murs du monde entier.

En 2008, il accède à une célébrité mainstream en réalisant le portrait HOPE pour la campagne de Barack Obama. Ce visuel, dupliqué, détourné, affiché, déchiré, célébré lui vaudra quelques déboires juridiques avec l’auteur de la photo dont il est inspiré. Dernièrement, on a vu une oeuvre de Shepard accrochée à un mur de l’Elysée, dans un salon où Emmanuel Macron reçoit des puissants de ce monde.

 

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Bring the Web back

Comme beaucoup de Street artists de la même génération (Banksy, Invaders, Zveus, André…), Fairey a été témoin de l’avènement du web et de l’explosion du digital, et ça n’est pas pour lui déplaire. Adepte du DIY, de la culture punk rock criée du fond d’un garage, il voit le web comme une porte ouverte sur le monde, accessible à tout individu.

La démocratie Web est à portée de main : une multitude de pages sur lesquelles s’exprimer comme sur les murs, et une visibilité mondiale pour les oeuvres et leurs messages. Lorsque l’on est street artist, cela permet de toucher une audience plus large que les piétons et les automobilistes coinçés dans les bouchons.

Du Spray à L’Iphone

L’éco-système digital d’Obey est développé. Le site Obeygiant.com (des prints, un cv, des infos) qui côtoie un site e-commerce en sous-domaine, auquel s’ajoute le site de la ligne de vêtements obeyclothing.com. La galerie Subliminal project, ainsi que le studio Number one, ont eux aussi leur site. Parallèlement, Fairey fait un usage raisonné des réseaux sociaux avec une page Facebook Obey Giant, et une autre Obey Clothing. S’ajoutent à cela près de 200 000 abonnées sur Twitter, 1 million d’abonnés sur Instagram, et des comptes pour toutes les entités créées par l’artiste. À travers ses sites et ses comptes sociaux, il vend des sérigraphies, en séries limitées.

En galeries et durant les expositions, le public a la possibilité d’acheter ses oeuvres. Obey se veut une dénonciation de la propagande, par la propagande. Pas étonnant lorsque l’on sait que Fairey s’est inspiré de la théorie de Marshal Macluhan qui explique que “le message, c’est le medium”.

Une visibilité mondiale

Même s’il a presque 1 million de followers de moins que l’ami Banksy sur Instagram, Shepard Fairey est partout: une expo collective à Chinatown tout juste terminée (California Locos) et un documentaire qui lui est consacré vient de sortir. Du 11 novembre au 17 décembre, il expose en solo, DAMAGED, dans Los Angeles downtown. Lorsqu’il a créé son premier sticker, il avait 19 ans.

Plus de 25 ans après, il est mondialement connu. Il crée, produit et collabore, parfois de façon étonnante, avec des marques. Plus que jamais, il applique un de ses mottos favoris : “Keep your eyes and mind open, and question everything”. Shepard Fairey est un artiste à connaître. Sa notoriété a dépassé les trottoirs de Charleston (sa ville natale), Rhode Island (où il a fait ses études) et Los Angeles, où il vit. Son travail est  une incarnation moderne et argumentée de cette fameuse citation de Mcluhan qui disait que le message est le medium. Il oscille entre le consumérisme et sa critique, suscite parfois des opinions partagées, mais construit son univers qui se nourrit  en partie de paradoxes.

Il est 9h30 du matin, et j’ai passé 10 heures à “chasser” les oeuvres de Shepard dans la nuit de Los Angeles. Une expo étendue sur 1200 km2. Je gare ma dodge à deux pas du Millie’s café de Silver Lake pour prendre un breakfast Burrito. Sur le parcmètre, un sticker OBEY trône fièrement.

Aujourd’hui, je n’ai pas de monnaie. Il y a peu de chances que j’obéisse.

Fred Dumonal.

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